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Le Nicaragua veut officiellement quiter l’ OEA

Ce vendredi 19 novembre 2021, le Nicaragua a officiellement manifesté son désir de quitter l’Organisation des Etats américains (OEA) après des critiques que cet organisme régional portant sur la «légitimité» de l’élection du 7 novembre qui a vu le président Daniel Ortega briguer un quatrième mandat consécutif à la tête de ce pays de l’Amérique latine.
«Je vous écris pour vous notifier officiellement notre décision indéfectible de dénoncer la Charte de l’OEA, conformément à l’article 143, qui amorce le retrait définitif et la démission du Nicaragua de cette organisation », a affirmé, le ministre Nicaraguayen des affaires étrangères, Monsieur Denis Moncada dans une lettre signée et adressée au secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro tout en soulignant que l’article 143 de la Charte de l’OEA permet à un Etat de se retirer de l’organisation à l’issue d’une procédure de deux années, délai pendant lequel le pays doit respecter ses obligations envers l’organisation.
Dans cette lettre, dont une copie a été envoyée aux médias, le ministre des affaires étrangères indique agir sur les instructions du président Ortega. «Nous nous sentons heureux, fiers parce qu’aujourd’hui nous avons donné un nouvel exemple de notre condition de peuple souverain» en renonçant à «cet organisme inacceptable et fallacieux qui ne nous représente pas du tout», a relaté aux médias officiels la vice-présidente Rosario Murillo et femme du président Daniel Ortega.
Par ailleurs, le Cuba via son ministre des affaires étrangères, Bruno Rodríguez a salué et félicité sur son compte Twitter la décision du Nicaragua, «qui constitue une réponse ferme et digne aux manœuvres du secrétaire général de cette organisation, en collusion avec les Etats-Unis, pour tenter de s’ingérer dans les décisions qui concernent le peuple nicaraguayen».
L’Assemblée générale de l’OEA avait déclaré le 12 novembre que les élections nicaraguayennes «n’ont été ni libres, ni justes, ni transparentes et n’ont pas de légitimité démocratique», ouvrant la voie à une possible suspension du Nicaragua.
La sortie de l’OEA isolera encore plus le Nicaragua, dont les dirigeants font l’objet de sanctions internationales. L’accès au territoire américain est dorénavant interdit au président Ortega, à son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, à leurs ministres ainsi qu’à d’autres hauts responsables du régime. Le 16 novembre, le Parlement, où Daniel Ortega détient une majorité écrasante, avait demandé au chef de l’Etat de faire sortir son pays de l’OEA. La demande de retrait de l’OEA faisait suite «aux actions répétées d’ingérence de l’OEA dans les affaires internes du Nicaragua», avait déclaré le président du Parlement Gustavo Porras.
Rappelons que Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007 après avoir gouverné le pays de 1979 à 1990, a été réélu le 7 novembre pour un quatrième mandat présidentiel consécutif. Le scrutin a été la cible de sévères critiques de la communauté internationale, notamment en raison de l’absence de tout adversaire sérieux, sept candidats potentiels ayant été arrêtés au cours des six mois avant l’élection.

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